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Les anciens monuments de Limoges

Catégories : Culture, musées | Haute-Vienne (87)
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Le pont Saint-Etienne
Le pont Saint-Etienne
Les halles de Limoges
Les halles de Limoges
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Ancienne porte Tourny
Ancienne porte Tourny
Anciens réfectoires de l'abbaye de la Règle
Anciens réfectoires de l'abbaye de la Règle
Plan de l'abbaye Saint-Sauveur
Plan de l'abbaye Saint-Sauveur
La cathédrale de Limoges vue des jardins
La cathédrale de Limoges vue des jardins

Limoges est une ville au passé parfois glorieux et d'autres fois tumultueux. Riche en histoire, le passé de Limoges n'est peut-être pas là où l’on pourrait l'imaginer.

Limoges au fil du temps

Augustoritum, comme se nomme Limoges dans l’antiquité, occupait essentiellement la place de la mairie actuelle, jusqu'à la Vienne et le pont Saint-Martial. Malheureusement, il ne reste rien comme témoignage architectural de cette époque gallo-romaine.

Au moyen-âge, on voit s’opérer un délaissement progressif du centre romain et deux pôles urbains se mettent en place : d'un côté le "Château" à proximité de l'abbaye Saint-Martial où vont s'implanter les commerces ; et de l'autre la "Cité" avec la cathédrale Saint-Étienne et ses alentours délimités par les boulevards de la Corderie et de la Cité. Entre ces deux espaces se créent les faubourgs, où fleurit une urbanisation spontanée de petits immeubles.

Puis, entre le XIIIème et le XVIIème siècle, Limoges est marquée par les grandes institutions religieuses qui vont croître autour du "Château". Au XVIIIème siècle, c'est le pouvoir royal qui va laisser son empreinte, à travers les grands intendants du roi qui se succèdent. A l'image de Boucher d'Orsay, en 1714, qui comble l’amphithéâtre et aménage des jardins qui portent son nom.

Mais c'est alors que vient le temps de la Révolution et avec elle, un rapprochement des deux pôles jadis distincts. Cette période est également marquée par un rejet du pouvoir religieux et une destruction de ce patrimoine.

Un nouveau remodelage de la ville s'amorce avec la révolution industrielle. Les manufactures de porcelaine, prospères à cette époque, changent le paysage urbain. Elles finissent par s'établir à proximité de la gare, pour récupérer le bois livré par le chemin de fer.

A partir du XIXème siècle, le maître mot de la municipalité est "la modernisation". Pour cela, on n'hésite pas à sacrifier le patrimoine ancien et à faire disparaître certains quartiers dont l'image est "trop populaire". Puis une période favorable pour l'urbanisation de la ville s'entame au début du XXème siècle et pendant l'entre-deux-guerre. Le plus beau et le plus emblématique témoignage de cette période est la gare des Bénédictins inaugurée en 1929. Cette volonté de modernité perdure à cette époque, d'autant plus que Limoges doit faire face à son nouveau statut de métropole régionale. Malheureusement, c'est aussi à partir de là que l'on tourne le dos au passé ouvrier de la ville et on assiste à la disparition du patrimoine industriel pourtant témoin de l'histoire limougeaude.

A la recherche des monuments disparus

Limoges a bien des secrets encore à dévoiler. Car son patrimoine ne se résume pas aux monuments encore visibles aujourd'hui. Avec un peu d'imagination et quelques indications, le passé de la ville se révèle et témoigne de grandes périodes historiques qui ont marqué la ville. En suivant ce parcours, il vous faudra imaginer le Limoges d’antan, du patrimoine religieux au patrimoine industriel disparus. D'une durée d'environ 2h, la promenade commence au pont Saint-Étienne en bord de Vienne. Plusieurs parkings se trouvent à proximité.

Ce voyage dans le temps commence sur le très beau pont médiéval Saint-Étienne, en pierre. Entre ce pont et l'ancienne abbaye de la Règle qui se tenait dans les jardins de l’Évêché, le quartier de l'Abbessaille était le symbole du petit peuple des ponts de Limoges. On pouvait retrouver différents corps de métiers aujourd'hui disparus : des blanchisseuses, des flotteurs sur bois... Ce quartier fut détruit en partie avant la Première Guerre mondiale dans un souci de modernisation et d'agrandissement des berges.

Traversez le pont vers le quai Louis Goujaud et remontez vers l'avenue Jean Gagnant. Il aurait fallu naître avant 1929 pour voir la caserne des Bénédictins, non loin des bâtiments de la Sécurité sociale, avenue Jean Gagnant. La caserne et son entrée en arc en plein cintre ont connu plusieurs affectations au cours du temps : d'abord abbaye au moyen-âge, puis prison à partir du début du XIXème siècle, ou encore résidence pour les anciennes unités militaires. Il faudra attendre l'après-guerre pour voir de nouveaux bâtiments être construits à cet endroit.

Remontez l'avenue pour longer la place Jourdan et arriver au carrefour Tourny.

La rue Porte-Tourny était une porte monumentale qui se tenait au carrefour Tourny. Cet édifice était le dernier témoignage de l'enceinte commerçante du "Château". Elle fut abattue en 1872.

En passant dans une petite ruelle derrière l'église gothique Saint-Pierre, vous joindrez la rue Jean Jaurès. Pour pallier à l'insalubrité de la ville, la municipalité décide de repenser totalement certains quartiers, jusqu'à en raser certains. Aux alentours de la rue Jean Jaurès s'était établi le quartier populaire du Verdurier, qui occupait une place centrale dans la ville. L'aspect de la rue aujourd'hui n'a plus rien avoir avec celui de l'époque, un quartier sombre, mal entretenu, entouré d'immeubles vétustes. C'est sous Napoléon III que ce quartier commence à disparaître, jusqu'à sa destruction totale en 1920. La reconstruction se fait dans le style Art nouveau et est aujourd'hui classée au patrimoine de la ville. A ne pas manquer place Saint-Pierre, entre la rue Jean Jaurès et le lycée Gay Lussac, le pavillon du Verdurier. Il est édifié en 1920 par Roger Gonthier. Vous trouvez une similitude avec les courbes de la gare des Bénédictins ? Pas étonnant car c'est le même architecte qui a travaillé sur ces deux monuments.

Une fois devant le pavillon du Verdurier, continuez dans la petite rue Dalesme pour rejoindre la grande place de la République.

Place de République se tenait l'abbaye Saint-Martial qui marqua l'histoire de la ville, en étant l'un des centres les plus influents au moyen-âge. Débuté au IVème siècle, l'ensemble architectural est impressionnant et ne cesse de grandir, jusqu'à atteindre son apogée au XIème siècle, avec une splendide abbatiale de style roman. L'abbatiale, construite avec de très beaux matériaux, s'étend alors du bas de la rue du Clocher jusqu'à la place Fournier, avec de nombreux bâtiments comme un cloître, un monastère ou encore une église. Mais à la Révolution, déjà très endommagée, elle est vendue puis détruite. Au XIXème et XXème siècle, cette place change totalement de vocation. Elle est un lieu de rassemblement, avec de nombreux édifices publics, notamment pour se divertir. On y trouve le théâtre Berlioz, le cinéma Rex où se trouve actuellement le Monoprix, ou encore l'ancien cirque municipal remplacé par le Grand Théâtre. Tous ces bâtiments tombent dans les années 60.

Passez devant le conservatoire et l'opéra théâtre de Limoges, sur le trottoir d'en face se trouve l'hôtel des postes accolé à la Fnac. De l'autre côté, le grand bâtiment de la préfecture s'y trouve. Pour affirmer son autorité, la municipalité décide au XIXème siècle de raser le quartier du Viraclaud qui se tenait là et de construire un symbole de l’État : la préfecture. Ce quartier est décrit comme un endroit mal fréquenté, insalubre où la prostitution s'est installée. La préfecture est alors édifiée en 1904. Ce bâtiment, d'architecture classique, a été conçu par Jules Godefroy qui a également établi les plans de l'édifice voisin, l'hôtel des postes.

La préfecture sur votre droite, prenez à droite et remontez la petite côte de la rue des Combes pour vous retrouver sur la place des cinémas, la place Denis Dussoubs.

Anciennement la place Dauphine, elle prend le nom du républicain Denis Dussoubs en 1882. En hommage à cet homme né à Saint-Léonard-de-Noblat et mort à Paris pour ses convictions républicaines, une statue à son effigie est érigée au centre de la place où se trouve actuellement le rond-point. Cette œuvre, sculptée par Rousselle-Bordelle, est fondue par les allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

En ayant les cinémas à votre droite, remontez sur la droite la rue Louvrier vers la place Churchill pour la traverser et montez les magnifiques escaliers en pierre qui mènent jusqu'aux jardins d'Orsay.

Surélevé, l'emplacement des jardins d'Orsay n'a pas toujours servi de lieu de promenade bucolique. Il faut s'imaginer qu'ici se tenait l'arène romaine d'Augustoritum, Limoges à l'époque gallo-romaine. Cet amphithéâtre du Ier siècle était d'une grandeur impressionnante et pouvait accueillir jusqu'à 20 000 spectateurs. Malheureusement, il sera détruit au XVIIIème par l'intendant du roi Boucher d'Orsay.

Étant entourés des places Churchill et Carmes, il suffit de travers les jardins pour trouver la destination suivante.

C'est sur la place des Carmes que s'établit l'ordre des Carmes en 1264. Se construit alors un couvent en forme de quadrilatère, entouré de vergers et de jardins. Au XVIIème siècle, le couvent connaît son apogée avant de lentement décliner et finir par être détruit à la Révolution. Bien que pendant de nombreuses années on pensait qu'il ne restait rien de cet ancien bâtiment, il a été retrouvé dans les années 1990, des fresques de la nef. Ces peintures sont visibles à l'intérieur de la Caisse d'épargne. En faisant un léger détour, vous tomberez sur une rue parallèle à la place, la rue neuve des Carmes. En cherchant bien, vous pouvez apercevoir un escalier à vis (en spirale) qui servait aux moines pour rejoindre leur dortoir.

Descendez la rue des Arènes en direction de la place d'Aine. Puis continuez à descendre dans la rue Othon Péconnet pour vous retrouver place de la Motte.

Un magnifique bâtiment se tient encore fièrement sur la place de la Motte, ce sont les halles de Limoges. Mais au XIXème, ce sont les anciennes halles Dupuytren, plus petites, qui trônent sur cette place. Ce n'est pas pour autant qu'elles ont disparu, elles ont simplement migré vers la place Carnot où elles sont encore aujourd'hui. Le bâtiment que l'on voit désormais place de la Motte date de 1887. Vous pouvez rester dehors admirer son architecture faite de briques, de zinc, de verre, de métal et agrémentée d'une frise en porcelaine. Mais si la faim se fait sentir, entrez et découvrez de nombreux produits.

Gardez les halles sur votre droite, descendez et tournez à droite en face de la librairie Page et Plume. Puis prenez à gauche dans la rue piétonne et pavée du quartier de la Boucherie.

Le quartier de la Boucherie est le seul qui fut sauvé de la démolition. Avec ses maisons à colombage, ses rues étroites et anciennes, ce quartier a gardé tout son charme. Pour se remémorer la vie dans ce quartier, rendez-vous à la Maison traditionnelle de la Boucherie. De plus, au mois d'octobre se tient la célèbre Frairie des Petits Ventres, une fête gastronomique et traditionnelle très appréciée des limougeauds.

Dirigez-vous vers la place Haute-Vienne, descendez les escaliers et face à vous s'impose la mairie.

L’hôtel de ville. Avant d'être un bâtiment administratif, c'était un bâtiment religieux. Imaginez dans cet édifice des croyants venir prier, des jeunes femmes retirées au couvent ou même des nonnes soigner les malades. C'est en 1802 que la ville achète le lieu pour une partie de l'administration. Mais il se révèle en trop mauvais état pour y rester. C'est alors qu'en 1875, Alfred Fournier lègue sa grande fortune à la municipalité. La restauration est confiée à l'architecte Charles-Alfred Leclerc, qui réalise 4 ans de travaux. En 1883, on célèbre la réouverture de la mairie enfin achevée, qui n'a pas beaucoup changé depuis.

Pour rejoindre la cathédrale Saint-Étienne, descendez quelque peu l'avenue Georges Dumas et tournez dans la deuxième rue à gauche, la rue des Petites Maisons. Au loin vous apercevez déjà l'imposant édifice, droit devant vous.

Bien que le thème de ce parcours soit les monuments disparus, prenez le temps d'admirer et de visiter la cathédrale Saint-Étienne, l'un des édifices gothiques les plus importants de la région. Une fois vos yeux émerveillés, regardez au pied de la cathédrale, au devant du portail nord, et visualisez l'un des plus grands baptistères, datant de la fin du IVème siècle. L'édifice présentait une vaste pièce, en son centre le bassin pour les baptêmes, et tout autour des absides. Ce stupéfiant monument est remplacé au XIIIème siècle par l'église Saint-Jean, elle-même détruite à la Révolution.

Contournez la cathédrale, derrière se trouvent les jardins de l’Évêché, la dernière destination.

Dans ces jardins se tenait l'abbaye Sainte-Marie de la Règle. Surplombant la Vienne, ce monastère féminin est cité dans les textes dès le IXème siècle et connaît une longue période pérenne, si bien qu'il est agrandi au XVIIème siècle. Mais au fil des siècles, l'abbaye va être détériorée et laissée à l'abandon, jusqu'à sa démolition presque complète en 1965. Presque ? Oui, car la chapelle du XIXème siècle est encore visible et le bâtiment qui abrite aujourd'hui la Cité des métiers et des arts n'est autre que l'ancien réfectoire. Également dans les jardins, ne manquez pas la visite des souterrains de la Règle proposée par l'Office du Tourisme.

Après ce tour qui vous aura demandé de l'imagination, il suffit de descendre des jardins de l’Évêché et de rejoindre le bord de Vienne pour revenir au point de départ. Bonne découverte.

© Un article de Mathilde Giovanni - Détours en Limousin
Crédits photos : Mathilde Giovanni
Publié le : 23 juin 2016

 

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