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Marche limousine, au coeur de l'Histoire

Catégories : Creuse (23) | Culture | Haute-Vienne (87)
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Bellac, première résidence du Comte de la Marche
Bellac, première résidence du Comte de la Marche

Forteresse de Crozant
Forteresse de Crozant
Carnet d\
Le Moutiers d'Ahun
Le Moutier d'Ahun
Porte de la ville du Dorat
Porte de la ville du Dorat
Aubusson
Aubusson

Au Moyen-Age, deux entités distinctes apparaissent en région limousin. Ainsi, on distingue au sud le Limousin et au nord la Marche limousine. Historiquement, les régions de marche sont des zones frontières aux contacts généralement de plusieurs influences politiques. La marche est alors une zone militaire, une zone tampon qui assure l’équilibre et la protection des différents espaces. La Marche limousine n’est pas étrangère à une telle fonction. En effet, sa position en fait un rempart pour le Limousin et l’Auvergne face aux prétentions aquitaines, normandes et berrichonnes. La Marche fait partie intégrante de la région limousine tout en se distinguant du Limousin. Les pratiques et les usages diffèrent entre ces deux pays pourtant intimement liés sur les contreforts du Massif Central. En Marche on parle la langue d’Oil et on obéit à une tradition orale, le droit coutumier. En Limousin, le droit est écrit et les discours se font en langue d’Oc.

Le territoire du Comté de la Marche

La Marche limousine s’installe progressivement comme une véritable entité géographique et politique et notamment sous le titre de Comté de la Marche. Ces limites sont difficiles à définir avec exactitude. En effet, au gré des alliances matrimoniales et féodales, les possessions s’ajoutent aussi vite qu’elles se retirent au territoire de ce Comté. Les frontières sont donc en constante évolution. De plus, le Comté de la Marche va très vite se diviser en deux sous-espaces. On distingue donc la Haute-Marche de la Basse-Marche. La Haute-Marche est contenue pour l’essentiel dans les limites du département actuel de la Creuse en l’amputant toutefois dans sa partie est d’une région dont Evaux-les-Bains fut la capitale : La Combraille. Bien que l’influence du Comté ait pu s’y exercer, la Combraille n’appartient pas au territoire propre à la Marche. La Basse-Marche se situe quant à elle dans le nord du département de la Haute-Vienne, autour de Bellac et du Dorat. Le territoire de la Basse-Marche, bien que plus petit que la Haute-Marche, est le cœur historique du Comté. En effet, c’est en Basse-Marche que s’installent les premiers Comtes de la Marche.

La première famille comtale

Le Comté de la Marche est le fruit du mariage de Boson le Vieux et d’Emma, fille du Comte d’Angoulême, au Xème siècle. Grâce aux possessions de Boson et au rang d’Emma, leur fils Aldebert va hériter du titre de comte de la Marche et du Périgord. Lorsqu’il meurt, son fils Bernard n’est pas en âge de régner. La tutelle revient à son oncle Boson II, qui porte alors le titre de Comte de la Marche et du Périgord. A sa mort, en 1010, son fils Hélie Rudel dispute l’héritage à Bernard. Leur suzerain Guillaume V d’Aquitaine règle le conflit par un partage. Hélie Rudel obtient le Périgord et Bernard, la Marche. Ainsi, le Comté de la Marche apparaît au début du XIème siècle.

L’épisode de la Guerre de Cent Ans

En 1152, Aliénor d’Aquitaine, par son mariage avec le futur roi d’Angleterre, Henri II Plantagenêt, a fait basculer le duché d’Aquitaine dans les possessions anglaises. Henri II devient donc le suzerain du Comté de la Marche. L’opposition se renforce entre le roi de France et le roi d’Angleterre. En 1168, Aldebert IV, comte de la Marche, reconnaît Louis VII comme souverain, et combat sans succès les anglais. En 1177, il n’a plus d’héritier. Son fils meurt avant lui et sa fille se révèle être stérile. Il n’a pas non plus de neveux ou de nièces à qui transmettre son Comté. De plus, il subit les pressions de la famille des Lusignan qui revendique l’héritage. Au XIème siècle, Almodis, la sœur du comte Aldebert II, a épousé Hugues V de Lusignan. Depuis ses fils et petits-fils ont des prétentions sur le Comté de la Marche. Face à une telle situation, Aldebert IV prend la décision radicale de vendre le Comté au roi d’Angleterre. La vente est conclue pour 15000 livres, 20 mulets et 20 palefrois. La Marche devient une terre anglaise mais Geoffroy de Lusignan refuse la suzeraineté d’Henri II et prend le titre de Comte.

Les Lusignan face à Angoulême et aux anglais

Durant la domination anglaise, le jeu des alliances matrimoniales apporte le conflit entre la maison d’Angoulême et la famille des Lusignan. Dans les années 1180 et 1190, les comtes d’Angoulême, qui sont les petits-fils de Ponce, une descendante des premiers comtes de la Marche, ont les mêmes ambitions que les Lusignan au sujet du territoire marchois. Pour apaiser les tensions, un mariage est célébré entre Hugues IX de Lusignan et Mathilde, comtesse d’Angoulême. Cette union n’a pas les effets escomptés et les querelles continuent. Richard Cœur de Lion intervient en qualité de suzerain et promet Isabelle, comtesse d’Angoulême, à Hugues X, fils de Mathilde et Hugues IX. En 1199, Richard Cœur de Lion meurt et Hugues IX de Lusignan réussit au bénéfice des troubles à récupérer officiellement le Comté de la Marche. Une nouvelle famille comtale s’installe. Mais dans le même temps, Jean Sans Terre, le frère de Richard, enlève Isabelle et l’épouse. La Marche devient alors le théâtre d’opération militaire opposant les français aux anglais. En 1217, à la mort de Jean Sans Terre, Isabelle épouse enfin Hugues X. Leur fils Hugues XI est comte de la Marche et d’Angoulême. Trois générations plus tard, le nouveau comte, Gui de Lusignan, gère très mal ces affaires. Son besoin d’argent le conduit à s’adresser au Roi de France, Philippe le Bel, et à engager les possessions familiales. A sa mort en 1308, le comté de la Marche et d’Angoulême devient propriété du Roi de France.

Les Bourbons et le Comté

En 1314, Charles de France, frère du roi Louis X reçoit le comté en apanage. A ce titre, le comté va devenir une pairie et donc s’élever dans la hiérarchie des seigneuries. En 1321, Charles de France devient le roi Charles IV le bel. La Marche est rattachée au domaine royal et passe sous l’autorité directe du roi. Elle perd son autonomie. Elle dépend désormais du parlement de Paris. Elle n’a plus le droit de battre monnaie. En 1327, Charles IV le Bel échange avec Louis Ier de Bourbon le comté de la Marche contre celui de Clermont en Beauvaisis. Ainsi le petit fils de Saint-Louis devient Comte de la Marche. Six comtes de la famille des Bourbons vont se succéder. Puis en 1438, les Bourbons n’ont plus d’héritier pour assumer le titre de Comte de la Marche, c’est la famille d’Armagnac qui l’obtient. En 1554, le Comté de la Marche est définitivement rattaché à la couronne de France.

Les villes des Comtes de la Marche

Les premiers comtes de la Marche préfèrent établir leur résidence principale dans les villes de Basse-Marche Ainsi, Boson le Vieux fait construire son premier château à Bellac. La ville prospère peu à peu autour de la résidence du Comte. En 1211, Hugues IX y fait frapper une nouvelle monnaie. Non loin de Bellac, la comtesse Almodis fait construire, en 1115, le prieuré de Châtain sur la commune actuelle de Mézières-sur-Issoire. A la fin du XIIème siècle, les comtes préfèrent le Dorat à Bellac et investissent la forteresse de la ville. Le blason de la ville reprend celui des comtes de la Marche. En 987, Boson le Vieux fonde une chapelle en l’honneur de Saint-Pierre au Dorat qui devient le monastère Saint-Pierre. Il accorde aux chanoines d’être libres de toute domination séculière. Ce geste coûtera à ses successeurs. En effet, les comtes sont souvent en conflit d’autorité avec le chapitre du Dorat. En 997, Boson II fonde un monastère à Ahun en Haute-Marche. Le Moutier-d’Ahun étend progressivement son influence sur les alentours. Un château est édifié par la suite. La châtellenie d’Ahun est la plus rentable de la Marche au XVème siècle, loin devant celles d’Aubusson et de Felletin. Hugues XI de Lusignan choisit de s’établir à Chénérailles en Haute-Marche. La ville est quasiment détruite par les anglais lors de la Guerre de Cent Ans. Elle est reconstruite entre 1430 et 1440 par Bernard et Jacques d’Armagnac, Comtes de la Marche. Sous les Lusignan, la forteresse de Crozant compte elle-aussi parmi les possessions des comtes de la Marche. Sa situation stratégique en fait un poste de contrôle idéal à la frontière avec les terres royales du Berry.

© Un article de Valeen Barraud - Détours en Limousin
Crédits photos : OT Aubusson, OT Moutier d'Ahun, OT Tourisme Haut Limousin
Publié le : 31 mai 2011

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