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La Chanson Limousine

Un article de Détours en Limousin.

[modifier] Lemosins chantem nòstre pais

Deux amoureux du limousin, Roger Pagnoux[1] et Valentin Degorce[2], ont commencé dans les années 1960 à recueillir, auprès des derniers témoins du passé, ce qui restait de la tradition orale. Ils ont alors organisé des veillées pour recueillir des chants. D’un bout à l’autre de la Charente-Limousine et en Limousin, ils ont ainsi sauvé de l’oubli plus d’une centaine de chants traditionnels. En 1985 Roger Pagnoux et Valentin Degorce écrivaient leur attachement à la conservation de ce patrimoine.

« Depuis la grande époque des troubadours, le limousin a été un centre de créations musicales. Mais ils ne savaient ni lire, ni écrire la musique ceux qui, dans nos campagnes, chantaient ou faisaient chanter des instruments. Il s’agit donc d’une tradition orale qui n’a laissé aucune trace. (…) Ces chants ont souvent évolué au cours de leurs multiples transmissions orales. Les mêmes thèmes, recueillis dans deux communes voisines, présentent souvent des variantes qui sont à nos yeux des gages d’ancienneté et d’authenticité.

Jusqu’à la première moitié du XXème siècle, la tradition s’est à peu près maintenue. Elle constituait alors le riche patrimoine musical de notre Limousin. (…) De nombreuses personnes chantaient ou jouaient d’un instrument. On n’avait que ces moyens pour égayer des fêtes, des réunions de famille ou pour meubler les grandes veillées d’hiver.

Dans chaque village, on trouvait un nombre étonnant d’hommes, surtout, qui mettaient en oeuvre, avec plus ou moins de virtuosité, les instruments traditionnels (vielles, chabrettes, clarinettes, violons, accordéons diatoniques). Ils jouaient « de routine » : c’était des ménétriers. Mais les femmes prenaient leur revanche dans le domaine des chants et certaines familles avaient, de mères en filles, des renommées de riches répertoires.

Prenons comme exemple un village que nous connaissons bien : La Chaise de Brillac. Sur une quinzaine de feux, il y avait, avant la guerre 1914-1918, cinq ménétriers qui animaient toutes les fêtes du village et faisaient danser la jeunesse. Après l’armistice, il n’en restait plus que trois, une clarinette, un violon et un accordéon diatonique. A tel point qu’en l’absence de ménétrier on dansait au Tra la la, à savoir à la voix scandée des pieds et des mains.

(…) Après la guerre 1939-1945, l’explosion rapide des moyens audiovisuels [ont effacé] la tradition orale, tant instrumentale que vocale. »

[modifier] Liens utiles

Afin de continuer leur travail et d’essayer d’éviter l’oubli, le site internet "Chanson Limousine" met gratuitement des ressources musicales et des textes à la disposition de tous. Il recense également des œuvres originales.

[modifier] Sources

Textes et photographies proposés par Monsieur Jean Delage, auteur du site "Chanson Limousine"

  1. Roger PAGNOUX, Mestre d’obra du félibrige
  2. Valentin DEGORGE, Mestre d’obra du félibrige, Vice-syndic de la maintenance du Limousin
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